Questions sur l'intolérance au lactose

étude

PasseportSanté.net – Que signifie vraiment « être intolérant au lactose » ? Cela veut-il dire qu’on ne peut pas consommer de produits laitiers ?

Dr Bertière – L’intolérance au lactose est une réaction liée à la baisse d’une enzyme, la lactase, qui peut rendre difficile la digestion du lactose (le sucre du lait). L’activité de la lactase est maximale à la naissance, puis diminue physiologiquement à partir de la diversification alimentaire, plus ou moins selon les personnes. Elle n’interdit pas la consommation de produits laitiers, voire même d’une petite quantité de lait. C’est en effet lorsque la quantité de lactose consommée est trop importante par rapport à la quantité de lactase présente dans l’intestin que peuvent survenir des troubles digestifs. Le lactose qui n’a pas été digéré fermente sous l’action des bactéries du côlon, ce qui peut entraîner maux de ventre, ballonnements et flatulences. En France, 6 à 10% des adultes ont des signes lorsqu’ils boivent, en une seule prise, 250 ml de lait (soit 12g de lactose). Il est facile d’aménager son alimentation en adaptant les quantités de lait ; les yaourts, dont les bactéries « prédigèrent » le lactose, et les fromages affinés qui ne contiennent pas de lactose, ne posent aucun problème.

 

PasseportSanté.net – Quelle sont les différences entre «allergie» et «intolérance» ?

Dr Bertière – L’allergie alimentaire est une réaction de l’organisme à une protéine alimentaire, qui fait intervenir un mécanisme immunologique. Chez l’enfant, les plus fréquentes sont dues à l’œuf, au lait (2 allergies qui guérissent dans la plupart des cas) et l’arachide. Chez l’adulte, ce sont surtout les fruits et légumes (fruits à noyau, avocat, kiwi, céleri…) qui sont en cause. L’allergie implique la suppression de tous les aliments contenant la protéine concernée jusqu’à la guérison.

L’intolérance est une réaction individuelle, non immunologique, à certains aliments comme par exemple le chou, les salsifis, l’alcool ou encore l’intolérance au lactose. Elle nécessite simplement des aménagements.

 

PasseportSanté.net – Comment peut-on savoir si l’on est intolérant au lactose ?

Dr Bertière – Il existe un test appelé test respiratoire à l’hydrogène qui consiste à faire ingérer au patient une quantité déterminée de lactose et à mesurer avant et au cours des heures suivantes l’hydrogène dans l’air expiré. Le test repose sur le principe qu’en fermentant le lactose non digéré, les bactéries coliques produisent de l’hydrogène. En cas d’intolérance vraie au lactose, la concentration d’hydrogène dans l’air expiré augmente beaucoup.

Ce n’est pas un test de routine. En pratique courante, on fait le diagnostic en supprimant le lait pendant quelques jours puis en le réintroduisant à dose progressive tout en notant les signes cliniques éventuels ; cela permet aussi de déterminer la quantité de lactose tolérée par le patient.

 

PasseportSanté.net – Quels sont les risques associés à une intolérance au lactose ?

Dr Bertière – Il n’y a pas de risque majeur mais un inconfort digestif pour les raisons expliquées plus haut. Le problème est facile à régler avec un peu de patience et de tâtonnements car la quantité de lactose tolérée est variable d’un patient à l’autre.

 

PasseportSanté.net – D’où vient l’intolérance au lactose ? Certaines populations sont-elles plus sujettes que d’autres à cette forme d’intolérance ?

Dr Bertière – La diminution de l’activité lactasique varie selon les zones géographiques. Elle est plus importante dans les pays du Sud, en Asie et en Afrique. A l’inverse, les populations d’Europe du Nord, par exemple, ont gardé une activité élevée. Les populations qui ont des pratiques culturelles d’élevage et ont donc l’habitude de boire du lait depuis toujours, ont des caractéristiques génétiques qui leur permet de digérer de plus grandes quantités de lait.

 

 

source: PasseportSanté.net

 


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